Décès de Djouma Bah à Kindia : « il n’est pas mort en détention », selon le Procureur

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Au lendemain du décès de Mamadou Djouma Bah, 18 ans, élève en terminale sciences mathématiques au Groupe scolaire Souleymane Thiam et récemment condamné pour fraude lors des épreuves du baccalauréat unique, le procureur de la République près le Tribunal de Première Instance (TPI) de Kindia, Mamadou Bhoye Diallo, a apporté des précisions sur les circonstances de sa mort afin de lever les interrogations suscitées par cette affaire.

Face à la presse, le magistrat a expliqué que sa prise de parole s’inscrivait dans le cadre de sa mission d’information du public afin de prévenir la propagation de fausses informations.

« Conformément à l’article 8 du Code de procédure pénale, le procureur de la République peut prendre la parole devant les journalistes pour éclairer la lanterne du public, pour éviter des désinformations et de donner des informations erronées », a-t-il déclaré.

Revenant sur le dossier de Mamadou Djouma Bah, le procureur a confirmé que le défunt figurait parmi les candidats condamnés pour fraude aux examens nationaux. Il a toutefois insisté sur le fait que le jeune homme n’est pas décédé en milieu carcéral.

Selon le procureur, le candidat souffrait d’un état de santé préoccupant qui a nécessité une prise en charge médicale. Informé de cette situation par le régisseur de la maison d’arrêt, il affirme avoir ordonné son transfert à deux reprises à l’hôpital régional de Kindia. Devant l’absence d’amélioration de son état, le magistrat indique avoir autorisé sa remise à sa famille afin qu’il poursuive les soins auprès de son médecin traitant. « Malheureusement, il est décédé suite à la maladie qu’on appelle le rhumatisme, mais il n’est pas décédé en prison (…). C’est entre les mains de son médecin traitant qu’il est décédé », a-t-il précisé.

Le procureur a également indiqué que, selon les informations communiquées par les proches du défunt, Mamadou Djouma Bah souffrait déjà de cette affection avant son arrivée à Kindia, alors qu’il résidait à Dalaba.

Tout en exprimant sa compassion à l’égard de la famille endeuillée, Mamadou Bhoye Diallo, a affirmé que l’institution judiciaire n’avait jamais souhaité une telle issue. « Nous sommes navrés et désolés, parce que personne ne peut souhaiter une telle épreuve à son prochain. Nous aurions souhaité qu’il purge sa peine, revienne dans la société et reprenne normalement son parcours scolaire », a-t-il déclaré.

Interpellé sur les critiques visant la sévérité de la condamnation prononcée contre le candidat, le procureur a rappelé le principe d’indépendance de la justice. Il a souligné qu’en tant que magistrat du parquet, il ne lui appartenait pas de commenter ou de remettre en cause une décision rendue par le tribunal.

Il a indiqué que le ministère public n’avait pas interjeté appel, estimant que la peine prononcée correspondait au minimum prévu par les dispositions légales applicables en matière de fraude aux examens.

Cette mise au point intervient alors que le décès de Mamadou Djouma Bah continue de susciter une vive émotion à Kindia et à travers le pays. L’affaire relance le débat sur la répression de la fraude aux examens nationaux, tout en soulevant des interrogations sur la prise en charge sanitaire des personnes placées sous-main de justice.

Agence Guinéenne de Presse (AGP)

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