ECO en 2027 : la CEDEAO maintient le cap de la monnaie unique sans lever les incertitudes

image-73 ECO en 2027 : la CEDEAO maintient le cap de la monnaie unique sans lever les incertitudes

A moins de dix-huit mois de l’échéance qu’elle s’est fixé, la CEDEAO maintient son objectif de lancer l’ECO en 2027. Ce lancement doit désormais se faire par étapes, même si la composition du premier groupe d’Etats participants et plusieurs choix restent à trancher.

La CEDEAO maintient 2027 comme année de lancement de sa monnaie unique, l’ECO, sans encore préciser quels pays formeront la première union monétaire. Réunis le 19 juillet en Sierra Leone, les chefs d’État ont confirmé que le déploiement commencerait avec les membres respectant les critères de convergence et prêts à participer. Une formule qui permet d’avancer sans attendre l’ensemble de la Communauté, mais laisse en suspens la composition et l’équilibre économique du premier groupe.

Cette approche confirme le principe d’un lancement à plusieurs vitesses déjà évoqué en février. À l’issue de consultations tenues à Monrovia, une première phase regroupant le Liberia, le Nigeria, le Ghana, la Sierra Leone, la Guinée et la Gambie avait alors été envisagée, sous réserve du respect des critères macroéconomiques et de la mise en place des institutions nécessaires.

Le communiqué final de la 69e session ordinaire de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement ne reprend cependant pas cette liste. Il ne précise pas davantage si des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), qui partagent déjà le franc CFA, pourraient intégrer la première vague. L’adhésion dépendra officiellement de critères de convergence dont le respect reste difficile pour plusieurs économies de la sous-région, confrontées à des niveaux variables d’inflation, de déficit, d’endettement et de stabilité monétaire.

Les premiers participants restent inconnus

La CEDEAO reconnaît elle-même que plusieurs « questions en suspens » doivent encore faire l’objet d’un consensus entre les gouverneurs des banques centrales. La Commission régionale et l’Agence monétaire de l’Afrique de l’Ouest ont été chargées d’intensifier les consultations et de soumettre des propositions à la Task Force présidentielle sur la monnaie unique.

Cette instance doit se réunir avant le sommet ordinaire de décembre 2026. La Guinée vient d’obtenir l’autorisation de la rejoindre, même si le président Alassane Ouattara est le seul membre encore en fonction de la précédente Task Force. Cette configuration replace la Côte d’Ivoire, principale économie de l’UEMOA, au centre des discussions sur l’articulation entre l’ECO régional et la zone CFA existante.

L’enregistrement de la marque « ECO » auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) constitue une avancée juridique, appelée à être étendue à d’autres organismes internationaux. Il ne règle toutefois ni la gouvernance de la future banque centrale commune, ni les règles de décision, ni l’identité des premiers participants. La réunion de la Task Force prévue avant décembre 2026 constituera la prochaine étape à surveiller.

Emiliano Tossou (Agence Ecofin)

Partagez :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *