
À l’attention des responsables, des notables et de l’ensemble des ressortissants de Porédaka, en Guinée et à l’étranger. La décision de faire de Timbo une préfecture suscite, chez de nombreux ressortissants et natifs de Porédaka, des sentiments de déception, voire d’incompréhension. Ces sentiments sont d’autant plus compréhensibles que Porédaka nourrissait également l’ambition d’accéder à ce statut.
Le nouveau découpage administratif consacre ainsi une évolution favorable à Timbo, qui devient une préfecture, tandis que Porédaka se retrouve rattachée à cette nouvelle entité administrative, et non plus à Mamou.
Toutefois, au-delà des émotions légitimes que cette décision peut susciter, il importe de privilégier la lucidité, la responsabilité et le sens de l’intérêt collectif.
Les regrets exprimés aujourd’hui, aussi compréhensibles soient-ils, ne sauraient à eux seuls modifier une décision administrative désormais prise. Il paraît donc plus constructif de prendre acte de cette nouvelle réalité, de féliciter Timbo pour son accession au statut de préfecture et de lui adresser nos vœux de réussite dans l’accomplissement de ses nouvelles missions au service des populations.
Cette démarche ne signifie ni renoncer aux aspirations légitimes de Porédaka, ni effacer son histoire, son identité ou ses ambitions. Elle traduit plutôt la volonté de dépasser les déceptions du moment pour engager une réflexion sereine, objective et approfondie sur les enseignements à tirer de cette évolution administrative.

Il nous appartient notamment de procéder à une analyse introspective, lucide et sans complaisance de notre parcours, de nos acquis, de nos insuffisances et de nos perspectives. Cette réflexion doit nous permettre de mieux identifier les leviers de développement de Porédaka, de renforcer la cohésion entre ses filles et ses fils et de définir des orientations concrètes pour son progrès économique, social, culturel et institutionnel.
Dans cet exercice, il convient de faire preuve de discernement et d’éviter les procès d’intention, les accusations hâtives et la recherche de responsables individuels. Il serait injuste de faire porter à des hauts cadres, à des notables ou à toute autre composante de notre communauté la responsabilité d’une décision administrative dont les ressorts et les modalités ne dépendent pas nécessairement de leur seule volonté.
L’heure doit être à la compréhension des faits, à l’analyse objective des responsabilités réelles, lorsqu’elles sont établies, et surtout à la recherche de solutions pour l’avenir.
Porédaka possède une histoire, une identité et des potentialités qui ne sauraient se résumer à son statut administratif. Son devenir dépendra aussi de la capacité de ses ressortissants et de ses natifs à unir leurs compétences, leurs ressources, leurs expériences et leurs initiatives autour d’une ambition commune.
C’est pourquoi nous devons faire de cette nouvelle étape un motif supplémentaire de mobilisation collective. Au-delà de nos sensibilités et de nos divergences, rassemblons-nous autour de l’essentiel : bâtir un Porédaka uni, paisible, attractif et prospère, capable d’offrir de meilleures perspectives à sa jeunesse, de valoriser son patrimoine culturel et historique et de créer un environnement favorable à l’investissement, à l’innovation et au retour des compétences.
Notre ambition doit être de faire de Porédaka une ville moderne, accueillante et rayonnante, qui inspire confiance aux investisseurs, attire les intellectuels et les porteurs de projets, et offre à ses habitants un cadre de vie digne de leurs aspirations.
L’histoire de Porédaka ne s’arrête pas à cette évolution administrative. Elle continue de s’écrire à travers nos choix, notre unité, notre engagement et notre capacité à transformer les épreuves en opportunités.
Ne cédons donc ni au découragement ni aux divisions. Tirons les leçons du passé, comprenons les réalités du présent et préparons ensemble l’avenir.
J’en appelle à la responsabilité de nos cadres, à la sagesse de nos notables, à l’engagement de nos forces vives et à la solidarité de tous nos ressortissants, en Guinée comme à l’étranger, afin que nous puissions conjuguer nos efforts au service d’une ambition commune.
Tous unis, dans le respect de notre histoire et avec confiance en nos potentialités, œuvrons à faire de Porédaka une communauté plus forte, une ville plus moderne et un territoire toujours plus prospère.
L’avenir de Porédaka ne se construira ni dans les regrets ni dans les accusations, mais dans la lucidité, la solidarité et l’action collective.
L’histoire continue. À nous de lui donner la suite que Porédaka mérite.
Elhadj Abdoul DIALLO, ancien Président de l’Association guinéenne pour le développement rural (AGDR-Porédaka)
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