Nouvelles routes de la soie : les investissements chinois en Afrique ont crû de 254% au 1er semestre 2026 (rapport)

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Longtemps associée aux grands projets d’infrastructures financés par ses banques publiques, la présence chinoise en Afrique évolue. Au premier semestre 2026, les investissements directs ont fortement progressé tandis que les contrats de construction ont poursuivi leur repli.

Les investissements chinois en Afrique dans le cadre de l’initiative des Nouvelles routes de la soie (Belt and Road Initiative/BRI) ont atteint 33,5 milliards de dollars au premier semestre 2026, un montant en hausse de 254% par rapport à la même période de 2025, selon un rapport publié le dimanche 26 juillet par The Asia Pacific Centre for Industry Transitions, un think tank rattaché à l’Université de Queensland (Australie), en collaboration avec The Green Finance & Development Center (GFDC), un think tank relevant de l’Université chinoise de Fudan.

Intitulé « China Belt and Road Initiative (BRI) Investment Report 2026 H1 », le rapport précise que l’Afrique a ainsi concentré 67,24% du total des investissements réalisés sur les six premiers mois de l’année en cours par l’empire du Milieu au niveau mondial, dans le cadre de cette initiative visant à connecter la Chine à l’Asie, à l’Afrique et à l’Europe.

Le continent africain occupe ainsi le deuxième rang en termes de croissance des investissements derrière l’Asie de l’Est, où les investissements chinois demeurent modestes malgré une hausse de 437 % (182 millions de dollars sur les six premiers mois de 2026 contre 34 millions de dollars au cours de la même période de 2025). Toutes les autres régions du monde ont connu des baisses marquées des investissements chinois durant le premier semestre de l’année en cours.

L’une des raisons qui expliquent la forte hausse des investissements chinois en Afrique pourrait résider dans l’aggravation des répercussions et des risques liés aux droits de douane imposés aux produits « Made in China », tant par les États-Unis que par l’Union européenne (UE), alors que plusieurs pays africains bénéficient de droits de douane réduits dans un contexte marqué par des flux d’investissement américains et européens croissants sur le continent et la signature d’accords de libre-échange.

L’Éthiopie et l’Égypte en tête de liste

Outre les investissements, l’Afrique a capté 13,49 milliards de dollars sous forme de contrats de construction d’infrastructures, financés essentiellement par des prêts servis par des banques d’Etat chinoises, durant les six premiers mois de l’année en cours. Ce montant, qui représente 17,64% de la valeur de l’ensemble des contrats de construction remportés par des entreprises chinoises à travers le monde sur les six premiers mois de 2026, est en baisse de 60,8% comparativement au premier semestre 2025. Ce recul intervient alors que les prêts souverains chinois à l’Afrique se sont nettement contractés ces dernières années, dans un environnement marqué par les difficultés d’endettement de plusieurs pays africains.

Malgré ce repli, l’Afrique reste la première région bénéficiaire des engagements chinois globaux (à la fois sous forme d’investissements et de contrats de construction), dans le cadre de l’initiative des Nouvelles routes de la soie entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, avec un portefeuille total de 46,99 milliards de dollars. Deux pays africains figurent d’ailleurs parmi les quatre pays ayant connu la plus forte croissance des engagements globaux de la Chine :  l’Éthiopie (18,9 milliards de dollars) et l’Égypte (9,7 milliards de dollars).

Le rapport révèle d’autre part que les engagements chinois dans le cadre de l’initiative des Nouvelles routes de la soie au premier semestre 2026 ont porté sur 186 projets dans 67 pays parmi les 150 qui ont adhéré à l’initiative lancée par Pékin à l’automne 2013. La valeur globale de ces engagements a atteint près de 126,4 milliards de dollars. Cette enveloppe porte les engagements cumulés de la Chine dans le cadre de l’initiative des Nouvelles routes de la soie à 1 539 milliards de dollars depuis le lancement de ce projet qui vise à assurer l’approvisionnement du géant asiatique en matières premières et à étendre son influence commerciale et géopolitique par la construction d’infrastructures comme des ports, des voies ferrées, des aéroports ou encore des parcs industriels et des centrales électriques.

La ventilation sectorielle des engagements globaux répertoriés à l’échelle mondiale entre le 1er janvier et le 30 juin 2026 montre que la Chine se concentre, en premier lieu, sur le secteur de l’énergie (28,7% du total des engagements). Viennent ensuite les secteurs des métaux et des mines (17,2% du total), du transport (14,4%) et des technologies (13,4%).

Walid Kéfi (Agence Ecofin)

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