Mort de Bob Marley : les débordements du 11 mai, un lointain souvenir !

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Le 11 mai de chaque année marque l’anniversaire de la mort de l’artiste de reggae de la Jamaïque, Bob Marley, mondialement connu pour sa musique très engagée. Son décès brutal en 1981, vers 11h 30, dans un hôpital à Miami, en Floride, à l’âge de 36 ans, a plongé ses fans de par le monde dans une immense tristesse. En Guinée, un phénomène avait commencé à s’ancrer dans les « mœurs » avec la célébration du 11 mai, avec tous les excès qu’on peut imaginer. C’est dans cette dynamique négative, qu’à Conakry, la célébration du 11 mai 2001 a entraîné des écarts hors du commun, au point de pousser les autorités d’alors à interdire toute manifestation liée à la disparition de Bob Marley.

Le 11 mai 2001 pouvait ressembler à une journée normale. Mais, du « lourd » était préparé par la jeunesse, décidée à marquer d’un cachet particulier cette date. 15 h 30, la plage de Rogbané, au quartier Taouyah, dans la commune de Ratoma, une foule de jeunes, filles et garçons, arrive sur les lieux. Petit-à-petit, la plage se rempli. Des sono, installées à divers endroits, crachent des morceaux de Bob Marley (Afican Unite, One Love, Zimbabwe, Get Up-Stand Up, Bufallo Soldier…)

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Vers 16h 30, c’est la folie. Des lampes sont allumées par des bandes de jeunes, qui font des foulées. Ça court dans tous les sens. Le chanvre indien est consommé à profusion. Sur le sable, un groupe de 10 personnes fait la passe d’un gros joint (un canon d’environ 40 cm) bien enroulé. Des cris de joie, des jeunes en transe se roulent sur le sable, les yeux injectés de sang.

En retrait du sable, à côté d’un arbuste, une autre masse de jeunes s’est formée. Des casiers de bière sont disposés sur une table-basse. Les lieux sont hantés par Bacchus. L’alcool coule à flot. Le chanvre indien y est ajouté pour donner une saveur plus piquante au 11 mai.

A 18 h, l’ambiance est électrique. La foule est en transe. De nombreux jeunes ont la langue pâteuse, le visage allumé, l’œil trouble, accusant tous les signes de l’ivresse.

Avec la marée montante, des alertes sont données pour éviter des naufrages. Malgré le danger, certains fêtards, téméraires, plongent dans l’eau salée, s’en donnent à cœur joie.

Les mêmes scènes ont été enregistrés dans d’autres lieux de loisirs de Conakry : temples, bases et autres endroits de regroupement des jeunes.

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Les échos de ces excès sont parvenus aux autorités. Le gouvernorat de Conakry, dirigé à l’époque par feu Mbemba Bangoura, va décider d’une interdiction de la célébration du 11 mai. Il fallait bien mettre fin à ces manifestations, d’une ampleur inégalée, terreau fertile à la déviance.

Aujourd’hui, le 11 mai passe inaperçu. Tant mieux, sommes-nous tentés d’écrire. Malgré tout, la consommation du chanvre et d’autres substances plus nuisibles (comme la Kusch) ne s’arrête pas. Les arrestations et les procès pour détention, consommation et vente de substances psychotropes se multiplient. Avec de nombreuses condamnations. Mais, le mal persiste et le combat doit continuer pour préserver la jeunesse. Ne dit-on pas qu’« un pays qui perd sa jeunesse, est une nation qui hypothèque son avenir » ?

Alpha M.

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