Riz : face à une demande croissante, l’Afrique mise sur la recherche et l’innovation

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Deuxième région importatrice de riz après l’Asie, l’Afrique voit sa consommation croître plus rapidement que sa production. Face à ce déséquilibre, les initiatives visant à renforcer l’offre locale et à réduire la dépendance aux importations se multiplient.

Le 21 juillet dernier, le Centre du riz pour l’Afrique (AfricaRice) et la Fondation africaine pour les technologies agricoles (AATF) ont signé un protocole d’accord de cinq ans afin d’accélérer l’adoption des innovations agricoles dans la filière rizicole africaine.

Ce partenariat associe deux expertises complémentaires. AfricaRice apporte son expérience dans la recherche rizicole, la sélection variétale et le développement de solutions adaptées aux conditions africaines, tandis que l’AATF met à contribution son modèle de diffusion des technologies agricoles auprès des petits exploitants dans 32 pays du continent.

L’un des principaux objectifs affichés dans le cadre de cette coopération est d’améliorer la productivité des systèmes de production en Afrique, encore limités par la faiblesse des rendements. Dans son dernier rapport sur les perspectives agricoles mondiales publié conjointement avec l’OCDE, la FAO indique par exemple que le rendement moyen du riz en Afrique était inférieur à 2 tonnes par hectare en 2025, alors que la moyenne mondiale s’élevait à près de 3 tonnes par hectare.

Parallèlement, la consommation de riz par habitant sur le continent est évaluée à 26 kg par an, ce qui en fait la deuxième région consommatrice de la céréale après l’Asie (72 kg).

Au total, les données compilées par la FAO montrent que la consommation totale de riz en Afrique s’est élevée à 45,3 millions de tonnes en moyenne par an entre 2023 et 2025, soit presque le double de la production, qui s’est établie à 27,6 millions de tonnes sur la même période. Ce déficit structurel explique la forte dépendance du continent vis-à-vis des fournisseurs asiatiques, notamment l’Inde, la Thaïlande, le Vietnam et le Pakistan.

Le défi du passage à l’échelle

En Afrique, l’amélioration de la productivité constitue donc un enjeu central pour répondre à la progression de la demande. Le continent dispose encore d’importantes marges de progression, notamment en raison de rendements inférieurs à ceux observés dans les grandes régions productrices de riz.

L’accès aux semences performantes, aux équipements agricoles et aux connaissances techniques reste toutefois un défi majeur pour de nombreux producteurs. C’est précisément sur ce point que le partenariat entre AfricaRice et l’AATF entend agir, en facilitant le passage des innovations développées dans les centres de recherche vers les exploitations agricoles.

La mécanisation figure également parmi les priorités affichées. « Grâce à ce partenariat, nous allons collaborer avec l’AATF pour développer et promouvoir des outils mécanisés et des équipements agricoles afin de réduire la pénibilité du travail dans la riziculture, améliorer l’efficacité de la transformation et renforcer la qualité du riz produit localement », a déclaré Dr Baboucarr Manneh, directeur général d’AfricaRice.

Dans plusieurs pays africains, la production rizicole reste largement dépendante du travail manuel, ce qui limite les capacités d’expansion des exploitations et réduit leur compétitivité. Le développement d’équipements adaptés pourrait contribuer à améliorer les opérations de préparation des terres, de récolte et de transformation.

La demande africaine de riz appelée à progresser

Cette initiative intervient alors que les besoins en riz du continent devraient continuer d’augmenter dans les prochaines années. Selon les Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO, l’Afrique et l’Asie seront les principales régions où la consommation de riz progressera durant la prochaine décennie, principalement sous l’effet de la croissance démographique.

En Afrique, la consommation moyenne de riz par habitant devrait passer de 26 kg par personne et par an sur la période 2023-2025 à 29,6 kg en 2035, soit une croissance annuelle moyenne estimée à 1 %. Cette évolution devrait accentuer la pression sur les systèmes de production locaux, alors que plusieurs pays africains restent dépendants des importations pour couvrir une partie de leurs besoins.

À l’échelle mondiale, le rapport souligne que la croissance future de la production céréalière reposera davantage sur l’amélioration des rendements que sur l’expansion des superficies cultivées. Les superficies récoltées devraient progresser plus lentement au cours de la prochaine décennie, tandis que les gains de productivité seront soutenus par l’amélioration génétique des cultures, de meilleures pratiques agricoles et une utilisation plus efficace des intrants.

Si les technologies agricoles apparaissent comme un levier essentiel pour accroître la production rizicole africaine, leur impact dépendra de leur diffusion effective auprès des producteurs. Au-delà de la recherche et de l’innovation, l’enjeu sera de renforcer les systèmes semenciers, l’accès au financement, les infrastructures rurales et les capacités techniques des exploitants.

Stéphanas Assocle (Agence Ecofin)

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