Moral économique : les 18-24 ans Africains redeviennent optimistes, sauf dans une poignée de pays (African Youth Survey 2026)

image-20 Moral économique : les 18-24 ans Africains redeviennent optimistes, sauf dans une poignée de pays (African Youth Survey 2026)

Selon l’African Youth Survey 2026, 45% des jeunes Africains estiment que l’économie de leur pays va dans la bonne direction, contre 26 % en 2024. Le redressement est massif en Éthiopie, au Ghana et en Zambie. Mais il laisse de côté trois des plus grands marchés de consommation du continent.

En deux ans, la part des 18-24 ans Africains qui jugent leur économie nationale bien orientée est passée de 26 % à 45 %, selon l’African Youth Survey 2026. Sur la période 2024 – 2026, ceux qui se disent optimistes ou enthousiastes quant à l’avenir de leur pays sont passés de 35 % à 51 %. Réalisée en mars dernier par le cabinet d’études PSB Insights pour la fondation sud-africaine Ichikowitz Family Foundation, l’enquête biennale a interrogé en face-à-face 4 901 jeunes de cette tranche d’âge dans 16 pays.

La hausse est cohérente avec les données macroéconomiques. Le Fonds monétaire international (FMI) projette une croissance de 4,3 % en Afrique subsaharienne en 2026, contre 3,2 % en 2023, avec 21 pays au-dessus de 5 %. Et l’inflation régionale, qui avait culminé à 22 % en 2024, son plus haut niveau depuis 1994, se stabilise autour de 9 % cette année selon la Banque mondiale.

Reste que la moyenne masque une fracture nette. Le sentiment est au plus haut au Burkina Faso, à 83 %, au Rwanda et en Somalie, à 79 %, et au Ghana, à 72 %. Il est au plus bas au Mozambique, où 82 % des jeunes jugent l’économie mal orientée, au Kenya à 79 %, au Tchad à 77 %, au Nigeria à 76 %, et en Afrique du Sud, à 74 %.

L’emploi comme variable de bascule

Ce qui fait bouger le curseur, c’est le travail. L’enquête relève un mouvement parallèle entre l’inquiétude sur l’emploi et la confiance générale : en Éthiopie, la préoccupation liée au chômage recule de 44 points par rapport à 2024, et le sentiment positif sur la direction du pays progresse d’autant. En Zambie, la baisse est de 41 points, au Ghana, de 34, au Nigeria, de 31.

« Ces bascules sont renforcées par des mouvements sur d’autres indicateurs », explique à Ecofin Ivor Ichikowitz, fondateur de l’enquête. « C’est ce qui nous donne davantage de confiance dans l’idée qu’il s’agit d’un changement plus large de l’opinion, et non d’une anomalie statistique ».

Le Kenya fait exception. C’est le seul des pays suivis depuis 2020 où l’optimisme sur la direction du pays recule depuis la vague précédente, dans un contexte de tension sur les budgets des ménages. 67 % des jeunes Kényans citent le manque d’opportunités d’emploi comme préoccupation. C’est aussi au Kenya, à 27 %, et en Afrique du Sud, à 24 %, que la part des répondants ouvertement pessimistes est la plus élevée.

Deux précautions de lecture toutefois. La cherté de la vie reste, toutes vagues confondues, l’événement jugé le plus marquant des 5 dernières années, par 27 % des répondants : le redressement du moral n’efface pas la contrainte de pouvoir d’achat. Et la part des « pessimistes » atteint 12 % au niveau continental, son plus haut niveau depuis 2020. Les opinions se polarisent autant qu’elles s’améliorent.

L’échantillon, environ 300 personnes par pays, invite par ailleurs à traiter les écarts faibles avec prudence. Les comparaisons dans le temps ne portent que sur les 8 pays présents à chaque vague depuis 2020.

Fiacre E. Kakpo (Agence Ecofin)

Partagez :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *